Aktukritik

Le chant des marais

Dans littérature, politique le mai 27, 2012 à 6:18

Présentation

Le chant des marais

Loin vers l’infini s’étendent

Des grands près marécageux.

Pas un seul oiseau ne chante

Sur les arbres secs et creux.

REFRAIN

O, terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Dans le camp morne et sauvage

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert.

REFRAIN

Bruit des pas et bruit des armes,

Sentinelles jour et nuit,

Et du sang, des cris, des larmes,

La mort pour celui qui fuit.

REFRAIN

Mais un jour dans notre vie,

Le printemps refleurira

Libre enfin, ô ma patrie,

Je dirai tu es à moi.

REFRAIN

O, terre d’allégresse

Où nous pourrons sans cesse

Aimer.

Le « chant des marais », chant que les prisonniers entonnaient pour se donner du courage et travailler en cadence, date, paraît-il, de 1933, c’est-à-dire des premiers camps – les camps de travail, où se retrouvaient tous les opposants au régime hitlérien. Il est donc intéressant de noter que ce chant et un texte allemand à l’origine.

Ce chant, dont l’auteur et le compositeur sont méconnus, connaît de légères variantes, mais on peut néanmoins distinguer uns structure de base identique : 4 couplets alternent avec un refrain qui change pour la fin de la chanson (dans la version française en tous cas).

Quand on écoute la bande son de ce chant, vierge de toute information, on pense tout de suite aux haleurs de la Volga, ces serfs qui tirent le bateau de leur maître à pied, de la berge, une corde sanglée autour des épaules. Et effectivement, le premier couplet décrit un paysage de désolation, qu’on imagine lointain et volontiers exotique.

1. L’isolement

Le premier couplet et le refrain décrivent un univers triste et dépouillé : un endroit vide (rien à l’horizon), sans vie (pas d’oiseau, arbres morts), malsain (qui dit marécage dit insectes qui pullulent, boue, terrain glissant,…). Lugubre , pas familier, isolé : ce lieu désolé est inquiétant et désespérant.

Quant à l’activité (piocher), elle est particulièrement fastidieuse : à la fois manuelle et répétitive.

Le début du chant décrit un univers de travaux forcés, avant tout ; cela reste, somme toute, les conditions que les bagnards, les forçats de tous les pays et de tous les temps ont connues : il suffit de penser à l’Antiquité, et par exemple aux esclaves morts sous les coups des gardiens qui les forçaient à travailler jusqu’à l’épuisement à l’édification des pyramides égyptiennes, ou, en Chine, à ceux qui succombèrent pour celle de la Grande Muraille.

2. situation absurde

Le deuxième couplet précise l’univers carcéral :

Les prisonniers perdent leur humanité et apparaissent comme des bêtes sauvages capturées. Déracinés, au milieu de nulle part, ces prisonniers n’ont rien autour d’eux pour se raccrocher au présent. Pourtant, la prison perd son côté exotique et devient absurde.

En effet, le deuxième couplet introduit avec le mot « camp » une notion nouvelle qui change la donne : il ne s’agit pas de travaux forcés tels qu’ils ont existé sous tous les cieux et à toutes les époques, mais d’un camp de travail, typique du XXème siècle.

D’ailleurs, l’équivalent allemand de ce chant des marais, « Das Moorsoldaten Lied », introduit lui aussi le mot « Lager » dans le deuxième couplet.

Le paradoxe d’être enfermé dans un espace quasi infini (être « en cage au milieu d’un désert ») rappelle également La Colonie Pénitentiaire : le chant prend des accents kafkaïens. Déboussolés, enfermés dans cet univers absurde, les prisonniers se déshumanisent.

3. Privations

Le troisième couplet insiste sur l’entrave à la liberté des prisonniers : chaine, sentinelles permanentes, fuite impossible, et surtout la mort qui rôde, omniprésente, qui domine ce couplet intermédiaire.

Dans la version française de ce chant des marais, la troisième ligne « et du sang, des cris, des larmes », rappelle le fameux discours de Churchill : « I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat ».

4. Espoir

De la même manière, le quatrième couplet du chant des marais fait un clin d’œil à la Marseillaise : dans une des variantes françaises, le « Liberté, Liberté chérie » est repris mot pour mot.

Le chant des marais se clôt sur une note d’espoir, amorcée par « Mais un jour… » en opposition avec tout le début lugubre du chant. L’espoir, assimilé au printemps, refleurira – dans la version allemande, « l’hiver ne peut pas durer éternellement ». La vie reprendra son cours habituel, libre. A la détresse succédera l’allégresse.

La liberté prend les traits éminemment désirables de la femme aimée (« chérie », « tu es à moi », « nous pourrons aimer ») dans la version française, tandis que la version allemande, c’est le « heimat » qui est désiré. Retrouver femme et enfants semble l’idéal des prisonniers allemands, et le mot « freiheit » (liberté) n’apparaît jamais dans la version allemande.

Conclusion

Il reste à s’interroger sur ce que les prisonniers politiques allemands entendent par Patrie (« heimat », « là où on se sent chez soi » figure plusieurs fois au long du « Moorsoldaten Lied ») : comment peut-on désirer rester dans son pays, quand on a été condamné au camp de travail par ses concitoyens ?

Un Amour de frère

Dans littérature le mai 26, 2012 à 6:08

Présentation

Un Amour de frère est un roman écrit par Colette Fellous et publié au mois de juin 2011 aux éditions Gallimard. La narratrice n’est autre que la soeur de Georgy, un garçon touché par le diabète qui le destine à mourir à l’âge de 27 ans. Nés tous deux dans une famille algérienne à la fin de la seconde guerre mondiale, le voyage à Paris demeure la solution idéale pour guérir Georgy et échapper aux horreurs de la guerre. La narration interne permet d’exhiber l’ambiguité des relations entre Georgy et sa soeur, elle explore par le monologue intérieur les méandres d’un amour fraternel, mêlé de culpabilité et de soumission à un frère touché par une maladie dont il est seulement martyre. Ainsi, le voyage semble être la métaphore d’une vie destinée au sacrifice pour sa soeur et à l’excès pour Georgy.

 

La maladie: un voyage au coeur de la fraternité

Frappé par le diabète à l’âge de 6 ans, Georgy devient le centre de convergence de toutes les activités familiales. Il doit être protégé. Tout est remis en cause au sein de la famille. Même conseillés par un médecin, ils émettent l’hypothèse que le bruit d’une bombe aurait déclenché ce traumatisme devenu maladie. Cette hypothèse narrée par une narratrice encore foetus au moment des faits, exacerbe l’incertitude et le mystère qui entoure les raisons de cette maladie. La recherche des causes devient vaine, mais ce qui susbsite est la figure du frère devenu martyre, victime d’une maladie arbitraire.

Devenu une figure christique, Georgy conscient de sa mort prochaine, n’espère qu’une chose, exaucer tous ses désirs les plus intenses avant de mourir. Cette dualité s’incarne dans l’asservissement de sa mère puisqu’elle n’existe que pour aider Georgy à mieux vivre le peu de jours qu’il lui reste. Elle devient malade de cet asservissement, s’entraidant tous deux, ils deviennent l’incarnation du corps malade de ne plus vivre pour soi mais pour survivre. La dégradation des corps est l’image du pourrissement de l’être qui, réduit à servir son prochain, devient lui-même, inexistant par l’anéantissement du plaisir de vivre pour soi.

Mais Georgy est aussi, cet être mystérieux qui joue avec perversité, ce rôle de martyre. Instrumentalisant sa maladie, il demande à sa soeur de jouer le rôle d’une coiffeuse qui le coiffe comme une femme, répétant sans cesse “des lames et du sang”. Ce théâtre de la perversité devient synonyme du désir d’altérité. Georgy devient son maître, faisant de sa soeur, l’objet de ses désirs les plus fantasques. Puisque la vie normale lui est interdite alors vivons là de la façon la plus intense, la plus fantasmatique. Cette perversité s’exerce également lorsqu’il lui demande poser nue pour un photographhe afin de payer leur loyer. Cette obscénité réside dans le plaisir esthétique qu’il découvre par les livres, sa soeur n’étant pour lui que matière d’oeuvre d’art.

 

Le voyage à Paris: le théâtre de la modernité

Paris est ce lieu fantasmatique où tout devient possible parce que les médecins peuvent guérir la maladie de Georgy, du moins ils le croient. Mais, la description d’un Paris post seconde guerre mondiale permet d’exhiber une ville en changement où se mêlent les artisans et les nouveaux arrivants. Mais c’est aussi cet espace où Georgy et sa soeur doivent se faire une place au sein de l’université et accéder au logement. Citant Baudelaire “la beauté est à la fois le transitoire, le contingent,  le fugitif et l’éternel, l’immuable”pour qualifier sa relation au monde et à Georgy, elle fait de son voyage, une métaphore de l’existence puisqu’en perdant son frère, victime contingente de la maladie, elle garde en elle l’amour blessant et tyrannique qu’ils se sont porté. De plus, elle assiste à la fin d’un monde ancien par la révolution de mai 68 comme si la dégradation de son frère et sa dépendance à lui, appartenant à sa vie antérieure, ouvrait la voie à une espérance nouvelle gouvernée par ses désirs personnels.

L’avis du blogueur

Un roman intéressant par l’exploration des relations famailiales et l’examen du voyage au coeur de la maladie et de Paris. La narration interne offre une bonne vision de l’ambiguité de Georgy. Néanmoins, les trop nombreuses descriptions de situations anodines ne laissent pas assez la place à la relation entre Georgy et sa soeur. Si tout est suggéré dans cette relation, Georgy demeure un personnage  énigmatique et la narratrice prend la forme d’une héroïne tragique.

Morceaux choisis

Dans littérature le avril 24, 2012 à 4:38

Nina Perimos

L’insoutenable légèreté de l’être

Milan KUNDERA

 

« La beauté est un monde trahi. »

 

« Trahir, c’est sortir du rang. »

 

« Qui perd son intimité a tout perdu. »

 

« Partir loin des enfants qui enterrent vivantes les corneilles, loin des flics, loin des filles armées de parapluies. »

 

« La musique est l’anti-mot, la négation des phrases. »

 

« Qui cherche l’infini n’a qu’à fermer les yeux ! »

 

« La vie qui se joue à l’échelle grandiose du risque, du courage. »

 

 

Alexis ou Le Coup de grâce

Marguerite YOURCENAR

 

« Je n’aime pas beaucoup écrire. »

 

« On est toujours si peu clair dès qu’on essaie d’être complet ! »

 

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »

 

« A voix basse, très lentement, dans l’intimité d’une chambre, à cette heure sans lumière où l’on se voit si peu qu’on ose presque avouer tout. »

 

« Parce que vous m’auriez plaint, vous croiriez m’avoir compris. »

 

« Toute notre existence a pour condition l’infidélité à nous-mêmes. »

 

« Toute mon enfance (…) m’apparaît comme un grand calme au bord d’une grande inquiétude, qui devait être toute la vie. »

 

« Il y a certains moments de notre existence où nous sommes, de façon inexplicable et presque terrifiante, ce que nous deviendrons plus tard. »

 

« Il y a quelque chose de pathétique dans la gêne des vieilles familles, où l’on semble ne continuer à vivre que par fidélité. »

 

« Les fantômes sont invisibles, parce que nous les portons en nous-mêmes. »

 

« Nos œuvres représentent une période de notre existence que nous avons déjà franchie, à l’époque où nous les écrivons. »

 

« Les pensées d’un enfant que je suis seul à connaître. »

 

« La vie n’est qu’un secret physiologique. »

 

« Mais je ne suis pas médecin ; je ne suis même pas sûr d’être un malade. »

 

« Comment un terme scientifique pourrait-il expliquer une vie ? Il n’explique même pas un fait ; il le désigne. »

 

« Rien ne rapproche les êtres comme d’avoir peur ensemble. »

 

« J’étais heureux de les aimer ; je ne pensais même pas à souhaiter qu’ils m’aimassent. L’amour (pardonnez-moi, mon amie) est un sentiment que je n’ai pas ressenti par la suite ; il faut trop de vertus pour en être capable ; je m’étonne que mon enfance ait pu croire en une passion si vaine, presque toujours menteuse et nullement nécessaire, même à la volupté. Mais l’amour, chez les enfants, est une partie de la candeur : ils se figurent qu’ils aiment parce qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils désirent. »

 

« Je n’ai jamais aimé les livres. »

 

« Les livres ne contiennent pas la vie ; ils n’en contiennent que la cendre. »

 

« Il n’est pas vrai que quelques précisions brutales puissent renseigner sur l’amour ; il n’est pas vrai qu’il soit facile de reconnaître, dans la simple description d’un geste, l’émotion que plus tard il produira sur nous. »

 

« La douleur ne nous apprend rien sur sa cause. »

 

« Nous nous croyons purs tant que nous méprisons ce que nous ne désirons pas. »

 

« On se croit tranquille, peut-être parce que quelque chose, à notre insu, s’est déjà décidé en nous. »

 

« Ce qui rend peut-être la volupté si terrible, c’est qu’elle nous enseigne que nous avons un corps. (…) Et nous sentons (…) que notre âme n’est que son meilleur rêve. »

 

« Je vous demande pardon, le plus humblement possible, non pas de vous quitter, mais d’être resté si longtemps. »

 

 

 

Cyrano de Bergerac

Edmond ROSTAND

 

 

 

II, 8

« Non merci ! Calculer, avoir peur, être blême,

Aimer mieux faire une visite qu’un poème,

Rédiger des placets, se faire présenter ?

Non merci ! Non, merci ! Non, merci ! Mais… Chanter,

Rêver, rire, passer, être seul, être libre,

Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,

Mettre quand il vous plaît, son feutre de travers,

Pour un oui, pour un non, se battre, ou – faire un vers !

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,

A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N’écrire jamais rien qui de soi ne sortit,

Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! »

 

 

Le Jeu de perles de verre

Hermann HESSE

 

« Etre sensible aux états d’esprit qui circulent,

mais rester fermé à leur influence. »

 

« L’Histoire a un avantage : elle a affaire avec la réalité. Les abstractions sont ravissantes, mais (…) il faut aussi respirer de l’air et manger du pain. »

 

« Je suis venu te raconter cette histoire, parce que tu es, ici, le seul qu’il m’importe de savoir au courant, et de voir partager mon émotion. »

 

 

 

Mémoires d’une jeune fille rangée

Simone de BEAUVOIR

 

« Demain, j’allais trahir ma classe et déjà je reniais mon sexe. »

 

« Il faut avoir l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas s’en tirer seul ; c’est plus facile de vivre pour quelqu’un d’autre ; la solution, c’est de faire de l’égoïsme à deux. »

 

« Je jugeais naturel qu’on se résignât mal à se changer en adulte. »

 

La Force de l’âge

Simone de BEAUVOIR

 

« J’aimais le chocolat, le bortsch, les longues siestes et les nuits sans sommeil, mais j’aimais surtout mon caprice. »

 

« Rien ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait ; nos liens avec le monde, c’est nous qui les créions ; la liberté était notre substance même. Au jour le jour, nous l’exercions par une activité qui tenait une grande place dans nos vies : le jeu. La plupart des couples novices suppléent par des jeux et des fables à la pauvreté de leur passé commun : nous y recourions avec d’autant plus de zèle que nous étions de tempérament actif et que nous vivions provisoirement dans l’oisiveté. Comédies, parodies, apologues, nos inventions avaient un rôle précis : elles nous défendaient contre cet esprit de sérieux que nous refusions […] ; elles allégeaient le monde en le projetant dans l’imaginaire et nous permettaient de le tenir à distance.  »

 

« A quoi bon […] habiter sous un même toit, quand le monde était notre propriété commune ? Et pourquoi craindre de mettre entre nous des distances qui ne pouvaient jamais nous séparer ? »

 

« Je me sentais si peu d’affinités avec mes parents que d’avance les fils, les filles que je pourrais avoir m’apparaissaient comme des étrangers ; j’escomptais de leur part ou de l’indifférence, ou de l’hostilité tant que j’avais eu d’aversion pour la vie de famille. Aucun fantasme affectif ne m’incitait donc à la maternité. »

 

« Je refusais que l’amour prit la figure d’une entreprise concertée : je voulais qu’il fût libre, mais non délibéré. Je n’admettais ni qu’on cédât contre son gré à des désirs, ni qu’on organisât de sang-froid ses plaisirs. »

 

« Elle s’habillait somptueusement, en s’inspirant beaucoup moins de la mode que des tableaux qu’elle aimait : sa chambre ressemblait à un décor d’opéra. »

 

« J’étais contente de moi ; je menais à bien la tâche que je m’étais proposée en haut de l’escalier monumental : au jour le jour, je construisais sans secours mon bonheur. »

 

« Elle était plus encline aux lourdes passions qu’aux impressions subtiles. »

 

« Je n’avais pas beaucoup lu, mon roman ne valait rien ; mais j’avais exercé mon métier sans ennui, et je m’étais enrichie d’une passion nouvelle ; je sortais victorieuse de l’épreuve à laquelle j’avais été soumise : l’absence, la solitude  n’avaient pas entamé mon bonheur. Ile me semblait que je pouvais compter sur moi. »

 

« ça lui avait porté un coup de découvrir que, là-bas comme ici, chacun mourait seul et le savait. »

 

« Nos vies étaient engagées l’une à l’autre, nos amitiés à jamais fixées, nos carrières tracées et le monde suivait son cours. Nous n’avions pas trente ans, et plus rien de neuf ne nous arriverait, jamais ! »

 

« La vie enveloppe deux vérités entre lesquelles il n’y a pas à choisir, et qu’il faut affronter ensemble : la gaieté d’exister et l’horreur de finir. »

 

« Votre seule folie, c’est de vous croire fou ! »

 

« Pris à la magie qui naissait de nos regards entrecroisés, chacun se sentait à la fois ensorceleur et ensorcelé. »

 

L’Amant

Marguerite DURAS

 

« Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. »

 

 

Le Cheval de Troie

Paul NIZAN (1935)

 

« Au-dessus de Villefranche se courbait un grand ciel nettoyé de la mort, une de ces obscurités pleines de lait et d’étoiles où dérivent les allées d’arbres et les crêtes de montagnes. »

 

« Personne ne peut rien faire du temps qu’à le vivre. »

 

« L’assaut est une compagnie ; la fuite est une solitude. »

 

« Il n’était pas sceptique ; il croyait à al mort. Il était parvenu à ce degré de la solitude où les liens sont si bien tranchés qu’il n’est plus possible de reprendre pied parmi les Hommes. (Il) ne les voyait plus que de loin ; il était paralytique. Il y avait des gens qui li conseillaient de prouver le mouvement en marchant, mais il ne pouvait plus marcher, il ne marcherait plus : il attendait la mort. »

 

 

Narcisse & Goldmund

Hermann HESSE

 

 

 

Poésies

Stéphane MALLARME

 

 

La Délicatesse

David FOENKINOS

 

 

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